
Décidément au centre de l’actualité sociétale, gouvernementale et maintenant cathodique, la filière forêt-bois s’est trouvée ces dernières semaines sous le feu des projecteurs à travers deux émissions diffusées coup sur…
Décidément au centre de l’actualité sociétale, gouvernementale et maintenant cathodique, la filière forêt-bois s’est trouvée ces dernières semaines sous le feu des projecteurs à travers deux émissions diffusées coup sur coup sur le petit écran. Sur France Télévision d’abord, où Hugo Clément dévoilait « La face cachée des forêts françaises » dans son programme à sensations Sur le front. Sur la chaîne franco-allemande ensuite, avec la rediffusion d’une enquête intitulée « Ikea, le seigneur des forêts », qui tirait la sonnette d’alarme sur les pratiques peu scrupuleuses du géant suédois de l’ameublement, le taxant de « champion du greenwashing »!
Deux documentaires qui se sont attelés à dénoncer certains abus des nombreux acteurs qui gravitent autour du business des produits issus de la forêt. Des dérives d’une multinationale qui a contribué a participé à la chute de l’industrie française et européenne du bois et de l’ameublement, à l’appétit gargantuesque des centrales biomasse qui implique des importations massives et lointaines de bois destiné à être brûlé, en passant par des replantations inadaptées aux sols et aux climats, les coupes rases et la déforestation massive, le trafic de bois illégal ou le développement des parcelles mono-essences créant des « déserts verts »… ces émissions reflètent un certain envers du décor, un pan de la réalité de l’industrie mondialisée de la forêt et du bois et de ses travers.
Si ces récents éclairages télévisuels ont eu le bénéfice d’alerter le public sur toutes les zones grises qui existent autour du commerce du bois, le petit écran devrait aussi parfois, et de surcroît à une heure de grande écoute, rassurer les Français sur les pratiques sylvicoles en général, et dans l'Hexagone en particulier. Bien sûr, tout est loin d’être parfait. Le greenwashing et le trafic de bois subsistent – et subsisteront toujours tant qu’ils seront profitables –, mais la France s’applique autant que possible à proposer une gestion durable de ses forêts, à encourager l’écocertification, à promouvoir les essences locales via la création de plusieurs démarches et labels sur tout le territoire, à investir pour développer ses industries de transformation ou à tenter de replanter le mieux possible dans un contexte de changement climatique qui complique fortement la sélection et la croissance des essences ! Alors oui, l’herbe est plus verte ailleurs, mais les initiatives vertueuses et le commerce raisonné du bois et des produits issus de la forêt existent… et mériteraient eux aussi le même traitement médiatique.
Adèle Cazier
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