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Un été meurtrier
L’été 2026 restera tristement dans les annales par l’ampleur et la durée de ses feux de forêts. Partout dans l’Hexagone, les massifs ont brûlé, laissant derrière eux des arbres calcinés, des paysages désolés et des professionnels démunis. À la fin du mois d’août, près de 96 000 hectares avaient déjà été parcourus par les flammes en France, alors que la saison des incendies n’était pas encore terminée. Si les feux de Fontainebleau ou le méga-feu en Gironde ont largement occupé le terrain médiatique, aucune région n’a été épargnée, avec des foyers qui gagnent en intensité et en complexité, poussés par une météo particulièrement défavorable.
Canicules à répétition, sécheresse des sols, vents violents… les conditions de cet été interrogent directement la gestion forestière. Quels peuplements installer aujourd’hui pour qu’ils puissent résister au climat de demain ? Comment protéger ceux qui existent déjà ? Et avec quels moyens ? Pour les entreprises du secteur, les conséquences sont immédiates. Les bois sinistrés devront être exploités rapidement avant leur dégradation, alors même que les capacités d’abattage, de transport, de stockage et de transformation ne sont pas extensibles ! Ce « surplus » ponctuel de bois risque en outre de peser sur certaines qualités et certains marchés. Mais il ne doit pas masquer une difficulté plus structurelle : à moyen terme, les surfaces détruites et les peuplements fragilisés réduiront la ressource disponible.
Entre prix, volumes et qualité, l’équation s’annonce particulièrement complexe pour les professionnels de la filière, déjà confrontés à des marchés volatils. La question ne sera plus seulement de savoir combien de bois sera disponible, mais où, quand et dans quel état.
Face à cette nouvelle donne, les décisions politiques attendues seront déterminantes. Prévention des incendies, entretien des massifs, renouvellement forestier, diversification des essences, infrastructures de défense contre le feu : les chantiers sont connus… et nombreux. Reste à leur donner les moyens nécessaires.
Car après l’été meurtrier que nous venons de vivre, replanter ne suffira pas. Il faudra adapter la forêt, accompagner ceux qui la gèrent et garantir à la filière l’accès à une ressource dont la disponibilité devient, elle aussi, un enjeu stratégique. Les incendies de demain se préparent aujourd’hui, dans les zones que nous choisirons d’entretenir, de renouveler et de gérer.
Adèle Cazier
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