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David Lancry, la mer par essence
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David Lancry, la mer par essence

19 mai 2026
#filière#biosourcé#salon#menuiserie

Tombé dans la marmite de la navigation dès l’enfance, David Lancry poursuit aujourd’hui sa passion de la voile à travers un projet ambitieux: être au départ du Vendée Globe 2028 à bord d’un bateau aux couleurs de la filière bois. Portrait d’un amoureux du bois et de la mer.

Né sur les bords de Seine, en région parisienne, David Lancry a très tôt ressenti l’appel du bois et du large. «Le goût de la mer, c’est mon père qui me l’a transmis. » Abonnement au magazine Voiles et Voiliers enfant, première barque repeinte à 12 ans, premier kit de bateau chasse-marée assemblé à 16 ans pendant le Vendée Globe 1992… L’envie de naviguer ne l’a jamais quitté. «Un jour, un camarade de classe m’a dit: “Toi, tu feras la Route du Rhum.” » Une vocation était née…

Le bois et la voile

Après avoir décroché son baccalauréat, il part à Nantes pour étudier à l’École supérieure du bois. Pendant son cursus d’ingénieur, la voile ne le quittera pas puisqu’il restaure son premier habitable et contribue activement à la construction du Sylva, «un voilier de régate de 8,20 m, lancé par la promo avant moi, dont le bois a été fourni par l’entreprise Piveteaubois ». Son diplôme d’ingénieur en poche, il revient travailler à Paris, tout en participant à de nombreuses courses sur différents plans d’eau avec un voilier de 5,50 m. Il prend aussi part à plusieurs championnats en Suisse et en Bretagne à bord d’un corsaire… doté d'un mât en bois! Comme les résultats sont au rendez-vous, il se met à rêver de transatlantique. «C’était l’étape suivante, avec des bateaux plus gros et forcément plus chers. »

Comme un pro 

En 2002, David trouve des alliés et achète un prototype de 6,50 m en bois moulé… L’aventure peut commencer, « et BOISmag en devient partenaire ». Si un démâtage l’empêche de performer au cours de sa première « transat », il ne renonce pas et parvient à rallier les côtes brésiliennes en 2003. En 2005, il repart avec la réalisation d’un film avec son frère présent sur l’un des bateaux accompagnateurs, il quitte son emploi chez Bouygues et exerce comme skipper professionnel « grâce à la signature d’un contrat de trois ans ». Mais l’instabilité de cette activité face à la recherche permanente de sponsors le détourne peu à peu de sa carrière de «pro». Il préfère alors retourner dans le bâtiment, « tout en continuant à naviguer pendant mes loisirs ».

Virtual Regatta

Devenu économiste de la construction, il s’installe à Lorient et poursuit en parallèle les acquisitions et rénovations de bateaux. «Passionné par la charpente marine, j’ai été propriétaire de neuf voiliers en bois que je restaure l’hiver et sur lesquels je régate l’été…» En 2008, il se lance dans la première édition du Vendée Globe virtuel: la Virtual Regatta. Même parcours, mêmes conditions météorologiques et même objectif que la course physique, mais sur ordinateur. En tête de cette compétition 2.0 pendant deux mois, il finira au bout du compte dans le top 100… «J'étais moins concentré sur le jeu dans les derniers jours de l’épreuve à cause des fêtes de fin d’année !»

Cap sur 2028

En 2025, à 50 ans, malgré un parcours maritime riche d’expériences et de difficultés surmontées, David a encore trois rêves à réaliser : «Participer à la Route du Rhum, prendre le départ du Vendée Globe et passer le légendaire cap Horn. » Le projet Wood4Good est né. Objectif: être au départ du Vendée Globe 2028 sur le premier bateau aux couleurs de la filière bois. «L’ambition est de valoriser, à travers un challenge sportif à forte visibilité, les atouts environnementaux et sociétaux du bois et son rôle dans la transition énergétique. » Pour relever ce défi, et être sur la ligne de départ, David espère trouver 40 entreprises pour mettre en valeur le bois. 40 « petits partenariats » pour réunir le budget nécessaire et communiquer sur de belles causes. « Si j’ai 20 partenaires d’ici la fin de l’année 2026, je pourrai acquérir le bateau et le mettre aux couleurs du projet. Aujourd’hui, un an après le début de cette aventure, j’en ai la moitié, mais je reste confiant. Je pense que j’y arriverai. » Un programme original qui se veut aussi engagé : 10 % des dons seront reversés à la Ligue contre le cancer. Avis aux amateurs…

Par Adèle Cazier