
Depuis le 30 novembre, l’émirat de Dubaï – ville internationale et multiculturelle la plus peuplée de la fédération des EAU – accueille la 28e édition de la Conférence des parties sur le climat, plus connue sous le nom…
Depuis le 30 novembre, l’émirat de Dubaï – ville internationale et multiculturelle la plus peuplée de la fédération des EAU – accueille la 28e édition de la Conférence des parties sur le climat, plus connue sous le nom de COP 28. Un choix original, voire incongru pour certains, dans un pays où le pétrole et le gaz, la spéculation immobilière et les zones dérogatoires règnent en maîtres ! Un choix d’autant plus surprenant lorsque l’on sait que la principale ville de ce très jeune État, fondé en 1971 et quasiment intégralement recouvert de déserts, n’est de part son opulence, sa démesure, ses infrastructures XXL, ses îles artificielles ou son absence de couvert végétal et forestier, pas forcément synonyme de sobriété énergétique ou de modèle écologique !
Une décision encore plus étonnante quand on remarque que cette conférence sur le climat sera présidée par Sultan bin Ahmed Al-Jaber, ministre émirien de l’Industrie et des Technologies avancées, et P-DG de l’Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc), principale compagnie pétrolière de l’émirat ! Un choix difficile à comprendre dans un pays accusé de « greenwashing » par plusieurs ONG internationales suite à une série d’accords noués, ou en passe de l’être, avec des pays africains concernant l’achat de forêts en vue de la commercialisation de crédits carbone ! Après une COP 27 égyptienne qui « n’a pas été à la hauteur des ambitions que portaient la France et l’Union européenne », selon le dossier de presse de présentation de la COP 28 du ministère de la Transition énergétique, à quoi pouvons-nous nous attendre à l’issue de cette COP déjà si controversée ? Comment la France, qui se targue de la signature de l’Accord de Paris ratifié en 2015, parviendra-t-elle à faire entendre sa voix et ses ambitions face à des géants comme la Chine, qui refuse d’abandonner ses centrales à charbon, ou à des États tels que les EAU, foncièrement dépendants du pétrole et du gaz ? En attendant de dresser le bilan, espérons-le positif pour l’avenir de la planète, des forêts et des océans, de cette Conférence sur le « climat », les amoureux du désert pourront, dès 2030, se rendre dans le pays voisin – mais pas toujours ami – pour assister à l’Exposition universelle de Riyad, capitale des droits de l’Homme et de la climatisation… Un choix là encore à méditer
Tous les articles en intégralité, chaque nouveau numéro et les archives du magazine.
Digital 175 €/an · Papier + digital 255 €/an · 8 numéros par an, sans reconduction automatique.