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Négoce / Commerce

Le marché des terrasses bois promis à un bel avenir

Le marché des terrasses bois promis à un bel avenir

À l’instar du marché du bardage, le secteur de la terrasse bois et dérivés a le vent en poupe. C’est en effet ce qui ressort d’une toute nouvelle enquête réalisée par le cabinet Jean-Marc Mornas pour l’association Le Commerce du Bois auprès des principaux fabricants et distributeurs du marché. Décryptage.

Après une première étude approfondie sur le marché des bardages bois (voir BOISmag n°201), LCB pour- suit son tour d’horizon de l’évolution du marché de l’aménagement extérieur avec un second chapitre consacré à la terrasse. Soutenue par France Bois Forêt, cette nouvelle enquête a été réalisée courant 2021 auprès de 29 interlocuteurs (industriels producteurs, distributeurs, coopératives d’artisans, architectes, entreprises de mise en œuvre…) et porte sur l’ensemble des produits finis de lames de terrasses en bois et dérivés qu’ils soient résineux, feuillus, exotiques ou en bambou.

UN CONTEXTE PROPICE AU DÉVELOPPEMENT DES TERRASSES BOIS

Avec plus 16 millions de m2 de terrasses bois vendus dans l’Hexagone au cours de l’année 2021, le marché enregistre une progression constante depuis 2017. Dopé par les effets de la crise sanitaire, qui a encouragé les Français à réaliser des travaux d’aménagement intérieur et extérieur, il s’envole même de 34 % entre 2019 et 2021, enregistrant un bond de 4 millions de m2. Sur la première marche du podium, les lames en bois résineux représentent toujours la majorité des ventes avec environ 10 millions de m2 vendus en 2021 grâce à un bon rapport qualité/prix et à une esthétique qui plaît aux consommateurs. Elles sont suivies par les terrasses en bois exotiques (environ 3 000 000 m2) qui parviennent à se maintenir grâce à une demande constante de certains clients désireux d’avoir des terrasses naturellement durables et sans entretien. Si l’ipé reste une essence exotique de choix dans le cœur des Français, le cumaru est en forte progression depuis plusieurs années. Enfin, si ces produits sont pour la plupart certifiés FSC ou PEFC et proviennent de forêts gérées durablement, des bois exotiques non certifiés continuent malgré tout d’être importés par certains distributeurs ! Loin derrière ces deux poids lourds du marché, les produits feuillus restent encore marginaux avec à peine 60 000 m2 commercialisés l’année passée. Ils pourraient cependant connaître une belle progression dans les années à venir pour répondre à une demande de plus en plus tournée vers des produits naturels, sans traitement. À noter enfin la forte progression des bois composites, avec 3,2 millions de m2 commercialisés l’année passée. Un succès dû à une combinaison de facteurs qui ont bénéficiés à ce type de produits : outre la facilité d’entretien des lames en composite et le récent engouement pour les lames en bambou, la montée en qualité des produits grâce à la co-extrusion et leur bon positionnement en termes de prix face aux bois exotiques séduisent de plus en plus de clients. Sans oublier la hausse du prix du bois, couplée à une série de pénuries sur certaines essences, qui a poussé un certain nombre de consommateurs à délaisser le bois naturel pour le composite.

ZOOM SUR LES TERRASSES EN BOIS RÉSINEUX

Avec plus de 60% des lames vendues dans l’Hexagone, le marché des terrasses en bois résineux comprend de nombreux produits et de nombreuses essences qui ne connaissent pas tous la même évolution. Une analyse plus poussée de ce segment de marché était donc nécessaire pour décrypter plus en finesse ce marché porteur. Au niveau de la structure du marché, il est à noter que 92% des lames reçoivent un traitement (autoclave, saturateur, thermo-chauffé…). Parmi ces produits «traités», les résineux autoclaves en pin sylvestre ou en douglas dominent largement le marché (86-87%). Ne laissant que peu de place aux produits en épicéa avec saturateur (10%) qui répondent à une demande particulière pour des produits d’entrée de gamme, souvent distribués dans les GSB et chez les discounteurs. À la marge, les produits en pin maritime ne représentent que 2 à 3% de parts de marché. S’ils sont encore marginaux, ils enregistrent une belle progression (+30% depuis 2017) boostés par une demande en produits locaux. Concernant les produits sans traitement (8% de PDM), le mélèze reste l’essence de prédilection (plus de 70%), suivi par le douglas en forte progression avec des ventes qui ont plus que doublé en quatre ans. À noter enfin que, s’ils ne représentent qu’une toute petite part du gâteau, les bois résineux sans traitement pourraient grignoter des parts de marché aux produits avec traitement dans les prochaines années grâce à une demande de plus en plus forte des architectes et collectivités pour des produits naturellement durables.

UN AVENIR PROMETTEUR

Si le marché de la terrasse bois représente aujourd’hui 16 millions de m2, il pourrait atteindre les 25 millions de m2 commercialisés à l’horizon 2025 profitant d’une croissance à deux chiffres au cours des années à venir. Aujourd’hui fortement orienté vers des produits résineux traités, il pourrait laisser davantage de parts de marché à des essences plus durables ou plus locales. De ce fait, l’offre de terrasses en bois locaux, français ou européens, sera amenée à s’étoffer pour proposer une offre en adéquation avec la demande, quitte à y mettre le prix. La R&D et les recherches menées sur des essences encore inexploitées permettront de développer des nouvelles largeurs et de nouveaux formats qui pourraient être utilisées pour des calepinages plus décoratifs, et pour la création de produits intégrant des fonctionnalités supplémentaires (antidérapants, lumineux…).

Attention tout de même car ces prévisions, aussi optimistes soient-elles, se heurtent à la réalité du marché : la hausse du prix du bois et les difficultés d’approvisionnements sur certains bois exotiques et du Nord (mélèze) pourraient impacter les ventes de terrasses bois dans les mois et les années à venir : « La hausse de prix d’achat a commencé à être répercutée sur les prix de vente par la distribution au quatrième trimestre 2021 et devrait perdurer sur 2022. Si, Les distributeurs commencent à s’interroger, au cas où cette situation persisterait, sur la pérennité de la progression de leurs ventes en terrasse bois, et craignent que les clients reportent leurs projets en attendant un retour à ˝des prix normaux˝ et/ ou basculent vers un autre matériau », avertit l’étude.

Sans oublier de poursuivre les actions engagées par les professionnels du secteur pour lever les derniers freins en matière de communication, d’infirmation, de réglementation ou de lisibilité de l’offre afin d’assurer le meilleur avenir possible aux fabricants et distributeurs de terrasses bois.

Adèle Cazier