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« Nos entreprises et scieries de services auront toujours une place sur le marché français du bois »

N° 216 novembre 2023•Lecture 6 min
© Jura Supérieur

Le groupement Jura Supérieur fédère aujourd'hui 11 scierie qui commercialisent des bois résineux locaux pour le marché de la construction.

Fondé en 1989 pour promouvoir les qualités des bois du Jura et développer leur utilisation, le groupement Jura Supérieur fédère aujourd’hui 11 scieries de bois résineux qui commercialisent leur produits dans l’ensemble de l’Hexagone. Près de vingt ans après la création de la marque, Jean-Philippe Descourvières, gérant de la scierie qui a donné son nom au groupement, revient sur ses objectifs, l’évolution de ses activités et ses perspectives d’avenir. Interview.

Pouvez-vous nous présenter rapidement le groupement Jura Supérieur ?

Le groupement Jura Supérieur est une marque commerciale de sciage de sapins-épicéas du Jura créée en 1989. Il est actuellement composé de 11 scieries, qui proposent des bois de construction pour la majorité certifiés PEFC, et pour certains labellisés Bois de France, renommés dans tout l’Hexagone pour la garantie de qualité apportée à l’utilisateur. C’est une association professionnelle, support d’opérations de promotion et de communication au bénéfice de la marque. Tous nos membres sont des scieries de taille moyenne qui sont particulièrement attentives à la qualité de leurs produits, et qui collaborent pour un meilleur service, avec la volonté commune de valoriser au mieux la qualité des bois du massif du Jura.

Portrait de Jean-Philippe Descourvières devant un lambris en bois

Quels sont les garanties apportées par le groupement ?

L’utilisation de la marque Jura Supérieur par les scieries est strictement réglementée et soumise à une procédure de contrôles réguliers. La marque garantit en outre des engagements sur l’origine des bois, le respect des dimensions, le classement conforme aux normes françaises, une présentation qui se veut irréprochable et l’identification précise des produits sur l’étiquette.

Et ses objectifs ?

Concernant nos objectifs internes, vis-à-vis de nos membres, nous tendons à améliorer la qualité des produits, à former le personnel, favoriser les collaborations interentreprises et développer la fonction commerciale de chacune des scieries. Du côté de nos objectifs externes, envers nos clients, nous souhaitons développer une politique de services personnalisés, assurer la promotion des produits de la marque, pratiquer un partenariat avec le négoce, apporter une information technique aux négociants, utilisateurs et prescripteurs et renforcer la notoriété des bois du Jura…

Quels types de produits commercialisez-vous sur le marché français ?

Notre groupement propose une vaste gamme de sciages de sapins-épicéas du Jura, principalement destinés à la construction : des bois débités dans des dimensions standard, avec une précision qui est contrôlée et conforme aux normes françaises. Mais également des produits traités, rabotés ou séchés sur demande. Tous nos bois sont classés selon les normes françaises dans les choix OA, OB, 1 et 2, pour la menuiserie, la construction et la charpente. Ils sont disponibles dans une large gamme de dimensions, avec des longueurs allant jusqu’à 12 m. Nos produits sont issus de bois d’altitude, plus particulièrement indiqués pour la construction traditionnelle et industrielle, depuis les produits de couverture jusqu’aux poutres de grosse section, en passant par les fermettes, les plateaux d’échafaudage… Ils sont enfin reconnaissables à leur étiquette verte portant le logo Jura Supérieur et les informations techniques descriptives du lot.

Quelques exemples de réalisations de charpentes…

Avec la chute du marché de la construction, comment se porte votre activité et de quelle manière appréhendez-vous 2024 ?

Concernant l’activité, comme toutes les scieries en ce moment, nous n’avons aucune visibilité ! Depuis quelques mois, notre activité est en baisse, pas forcément en termes de volumes, mais plutôt sur les prix de vente. En revanche, étant donné que nous sommes davantage positionnés sur le marché de la rénovation, nous sommes moins impactés par la chute du marché du neuf. Cependant, le marché mondial n’étant pas très bon, nous subissons une grosse pression des scieries allemandes et d’Europe de l’Est qui reviennent sur le marché français.

Avez-vous réalisé des investissements ces derniers mois ou comptez-vous en réaliser prochainement ?

Les 11 scieries du groupement réalisent fréquemment des investissements, chacune en phase avec ses projets spécifiques. D’une manière générale, on peut toutefois noter un certain engouement pour l’automatisation des ateliers, ainsi qu’un intérêt pour la deuxième transformation avec le développement des installations de séchage et de rabotage. Nous sommes des scieries de services et, à ce titre, nous étoffons régulièrement notre gamme de produits à destination de nos clients.

Qu’en est-il des approvisionnements et de la crise des scolytes ?

Comme vous le savez sans doute déjà, notre région est très impactée par les bois scolytés, qui sont d’ailleurs montés en altitude ces derniers mois. Aujourd’hui, il est fréquent de retrouver des bois scolytés au-dessus de 1 000 m. Un peu plus bas, autour de 700 à 800 m, on trouve également aujourd’hui un grand nombre de sapins en manque d’eau, du fait de la sécheresse persistante. Il en résulte des volumes importants de bois mis sur le marché, mais pas forcément dans les qualités que l’on souhaiterait. Depuis quelques années, les bois malades sont de plus en plus nombreux. Rien que dans les forêts publiques de Franche-Comté, on dénombre environ 800 000 m3 d’arbres scolytés ou dépérissants. Bien évidemment, des essais de replantation avec des essences plus adaptées au climat de ces prochaines années ou décennies sont en cours, à l’image du cèdre ou d’autres bois méditerranéens. Mais on ne se soucie pas forcément des marchés, des débouchés et de l’usage des essences replantées…

Comment imaginez-vous l’avenir du groupement Jura Supérieur ?

Je ne suis pas inquiet pour l’avenir de Jura Supérieur. Nous sommes 11 scieries, avec pour bon nombre d’entre elles un changement de génération en cours. Étant donné que toutes celles qui sont concernées ont trouvé un repreneur, souvent au sein de la famille, notre avenir est assuré. Nos entreprises et scieries de services auront toujours une place sur le marché français du bois, sachant que les investissements en cours dans la deuxième transformation finissent de lever nos inquiétudes. Le seul bémol concernerait peut-être les approvisionnements, en lien avec les diverses maladies des bois issus des forêts françaises, et la grosse concurrence nationale et internationale sur les achats de bois…

Souhaitez-vous ajouter un dernier mot ?

Comme le résume parfaitement notre slogan : « Prendre Jura Supérieur, c’est prendre naturellement le meilleur » !

Chiffres clés

11 scieries du massif jurassien.

Près de 47 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel (données 2022).

235 500 m3 de bois de sapins-épicéas du massif du Jura transformés chaque année.

Plus de 142 000 m3 de sciages produits par an.

300 camions semi-remorques expédiés chaque mois à travers la France entière.

110 000 m3 de sciages vendus sous la marque Jura Supérieur, soit 4 600 charges de bois marquées par mois.

Plus de 900 établissements distributeurs ou utilisateurs de bois de construction, répartis dans toute la France.

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Article paru dans le N° 216 · novembre 2023Voir le numéro

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