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Le marché mondial des feuillus entre tensions et incertitudes

La dernière Conférence internationale des feuillus, qui s’est déroulée à Lyon le 28 octobre, a permis de mettre en lumière les nombreux problèmes géopolitiques en lien avec le marché international du bois, et le nombre toujours très important de grumes exportées vers l’Extrême-Orient. Décryptage.

En général, beaucoup de grumes quittent l’Europe sans valeur ajoutée. La Commission européenne dit qu’elle ne peut rien faire, qu’il s’agit de la revanche de la Chine due aux problèmes de libre-échange », selon Maria Kiefer-Polz (Organisation européenne des scieries). La solution réside dans les investissements car le marché des feuillus est un marché en pleine croissance malgré les problèmes climatiques, avec ce paradoxe que les feuillus ont une croissance plus rapide que les résineux.
La production de feuillus a augmenté de 5 % après la crise du Covid. Aujourd’hui la Roumanie (1,6 million de m3), la France (1,4 M m3) et la Bosnie-Herzégovine (1,3 M m3) forment le tiercé des plus gros producteurs européens, mais les importations de grumes de feuillus tropicaux (Afrique 70 %, Amérique du Sud 17 %, Asie 10 %) ont également augmenté de 15 % à cause du Covid, notamment par la Belgique qui importe des grumes et exporte des sciages tropicaux. Dans le même temps, la guerre en Ukraine a entrainé la fin des importations en provenance de Russie et de Biélorussie. Les exportations européennes et américaines ont augmenté en 2021 par rapport à 2020. Les États-Unis favorisent le Vietnam plutôt que la Chine, sachant que 85 % du bois d’oeuvre feuillu importé par la Chine repartait en tant que meubles ! Les droits de douane ont donc été augmentés, et les importations ont chuté depuis 2019. Les Chinois achètent aux États-Unis, en Allemagne, en France mais principalement de grands volumes en Russie et en Thaïlande, plus grand producteur d’hévéas au monde, pour la proximité et les coûts bas. La mode dicte également les achats : le « nouveau style traditionnel chinois » fait appel au noyer noir américain, l’essence principale mais la plus chère des essences américaines. Le hêtre était très populaire en Chine dans les années 90 chez les décorateurs. Il provenait principalement d’Allemagne et n’était pas bon marché.

 

 

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