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Filière

La filière Forêt-Bois « Manifeste » pour son avenir

 

Le 2 février, l’amont et l’aval de la filière étaient réunis pour présenter à la presse Le Manifeste de la filière Forêt-Bois. Un ouvrage collectif, destiné aux candidats à l’élection présidentielle, détaillant 23 propositions « pour développer la filière en France, contribuer à la décarbonation de l’économie et renforcer la souveraineté du pays ». Présentation.

À quelques semaines de l’élection présidentielle, les interprofessions France Bois Forêt et France Bois Industries Entreprises ont fait cause commune dans un manifeste inédit voué à « interpeller » les candidats et les pouvoirs publics sur les mesures à prendre pour accompagner le développement de la filière forêt-bois française. Si l’on a longtemps reproché à notre filière de manquer d’unité, ce 2 février, l’ensemble des instances représentatives (FBF et FBIE, FBR, Codifab, FNB, FNCofor, Bouygues Bâtiment France Europe) étaient présentes autour de la table pour porter un message commun : « À l’heure du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, notre filière a plus que jamais un rôle à jouer et représente même une partie de la solution grâce aux propriétés de notre matériau en termes de séquestration carbone, de stockage et de substitution. » Autant d’atouts que le Manifeste tente de mettre en lumière à travers quatre axes stratégiques détaillés ci-dessous :

  • Intitulé « Développer tous les usages du bois et les capa- cités industrielles françaises pour répondre à la hausse de la demande », le premier axe formule huit propositions portant essentiellement sur le développement des capacités industrielles de notre tissu économique : « Aujourd’hui, la filière forêt-bois française est surtout constituée de petites PME et de petites ETI qui ne sont pas en mesure de répondre aux projets de financements tels que des PIA car elles ne boxent tout simplement pas dans cette catégorie, explique Frédéric Carteret, président de FBIE. Il nous faut donc rapidement développer nos capacités industrielles, sachant que pour y parvenir nous avons besoin d’être aidés avec une fiscalité simplifiée et moins pesante. »

Propositions du 1er axe :

N° 1 : Soutenir la compétitivité des entreprises françaises en poursuivant la baisse des charges et la simplification.

N° 2 : Accompagner le changement d’échelle des industries de la filière et améliorer la souveraineté de la France en produits bois transformés compétitifs et innovants en sécurisant les approvisionnements tout au long de la chaîne.

N° 3 : Adapter les dispositifs de soutien à la taille des entreprises de la filière.

N° 4 : Consolider les avancées de la Réglementation Environnementale 2020.

N° 5 : Privilégier les matériaux renouvelables et biosourcés et soutenir le développement de l’offre en bois français dans la commande publique.

N° 6 : Développer l’usage de toutes les essences forestières, gage de préservation de la diversité de nos forêts.

N° 7 : Ouvrir le « Plan Hydrogène » à l’hydrogène vert à base de biomasse forestière.

N° 8 : Poursuivre le développement du bois-énergie.

  • Le second axe stratégique concerne l’adaptation des forêts sur le long terme « pour conserver la biodiversité et préserver la multifonctionnalité des peuplements forestiers ». Fort de quatre propositions, il entend faire de cette adaptation un enjeu national avec un effort d’investissement forestier « qui devra être bien supérieur à celui d’après-guerre avec le FFN », insiste Jean-Michel Servant, président de France bois forêt. En outre, avec le changement climatique déjà à l’œuvre, les incendies et les dégâts causés en forêt vont s’accroître au cours des prochaines années. « D’où l’importance de développer les moyens alloués à la prévention et à la gestion des risques en forêt, et de préfigurer des plans d’actions pour les 50 prochaines années », poursuit-il.

Propositions du 2e axe :

N° 9 : Faire de l’adaptation des forêts une cause nationale en dotant le Fonds stratégique forêt-bois de l’ambition et de la visibilité nécessaires au renforcement de la résilience et au renouvellement forestier.

N° 10 : Assurer le financement du renouvellement forestier par tous les moyens (UE, crédits des quotas carbone européens, financements privés, régions, État).

N° 11 : Renforcer les moyens octroyés à l’observation et la modélisation des forêts en support de la gestion adaptative au changement climatique.

N° 12 : Développer la prévention et la gestion des risques en forêt.

N° 13 : Rétablir un équilibre sylvo-cynégétique dans les zones en déséquilibre marqué et le préserver dans les zones où il est suffisant.

N° 14 : Sécuriser et simplifier les conditions de la gestion forestière durable.

  • L’avant-dernier axe stratégique entend « Renforcer l’attractivité des métiers de la filière et développer les compétences pour pourvoir les emplois d’aujourd’hui et de demain ». Maillon essentiel de la filière, l’emploi et l’attractivité des métiers sont aujourd’hui sur toutes les lèvres alors que « 75 % des projets de recrutement en charpente ne sont pas pourvus, déplore Frédéric Carteret. Nous devons dès à présent renforcer l’attractivité de la filière, davantage parler du bois dans les universités dans l’ensemble des filières, et rechercher des profils très différents du CAP au doctorat en développant encore l’éventail de formations afin que tout le monde soit informé de ce potentiel de carrière.  »

Propositions du 3e axe :

N° 15 : Soutenir l’amélioration des conditions de travail dans la filière via la mécanisation et la numérisation afin de renforcer l’attractivité des métiers.

N°16 : Déployer une grande campagne nationale de formation à la construction mixte et bas-carbone, outil d’accompagnement de la RE2020 pour le volet développement des compétences.

N° 17 : Faire de l’apprentissage la voie prioritaire de préparation aux diplômes professionnels.

N° 18 : Redonner de l’autonomie aux partenaires sociaux dans la gestion des politiques de formation professionnelle.

N° 19 : Renouveler une campagne de communication nationale pour aider les entreprises de la filière à recruter.

  • Plus sociétal, le dernier axe de ce Manifeste promet de « Rapprocher les citoyens de la forêt et de la filière forêt-bois ». Ici, les interprofessions nationales profitent de l’image déjà très positive de notre filière auprès des Français pour formuler de nouvelles propositions visant à parvenir à une « union sacrée » en faveur de la forêt et du bois : « Il faut avoir le consensus le plus large possible sur ce qui est en train de se passer et mettre à disposition davantage d’informations pédagogiques sur le fonctionnement des forêts et former certains élus pour qu’ils puissent jouer un rôle de médiateur », explique Jean-Michel Servant.

Propositions du 4e axe :

N° 20 : Œuvrer à la signature d’une convention entre le ministère de l’Éducation nationale et les professionnels de la filière pour développer la connaissance de la sylviculture (+ matériau bois / cycle carbone).

N° 21 : Constituer une plateforme d’échange structurée avec les ONG représentatives.

N° 22 : Mettre à disposition des outils d’informations pédagogiques sur le fonctionnement des forêts.

N° 23 : Poursuivre la structuration engagée avec la Fédération des Communes forestières d’un réseau d’élus locaux formés et informés pour expliquer la gestion forestière.

« Nous sommes à un moment particulier de notre histoire. Nous avons besoin d’une union sacrée de la filière et de la société quant au rôle essentiel de notre filière dans la transition écologique », conclut le président de FBF, ainsi que de davantage de « pédagogie » sur l’usage du bois en général, ajoute son homologue de FBIE. Désormais entre les mains des candidats à l’élection présidentielle, espérons que ces propositions soient examinées avec la plus grande attention et suivies d’effets concrets dès le début du prochain quinquennat pour assurer à notre filière l’avenir qu’elle mérite !

Adèle Cazier