Le bois, matériau de choix pour les pros de l’immobilier ?

Le bois, matériau de choix pour les pros de l’immobilier ?

Fin 2019, l’École supérieure des professions immobilière (Espi) réalisait une enquête sur Les métiers de l’immobilier et le bois. Une étude inédite qui montre que notre matériau séduit bel et bien les spécialistes de l’immobilier, mais que beaucoup reste à faire pour les informer de toutes ses potentialités. Décryptage.

Le bois, meilleur ami des professionnels de l’immobilier? Pas encore tout à fait au vu des résultats de la dernière enquête de l’Espi réalisée il y a quelques mois pour le compte de l’Union des industriels et constructeurs bois (UICB). Soutenue par le Codifab, elle porte un diagnostic assez surprenant sur la perception de l’utilité du bois par les professionnels de l’immobilier, et sur la sous-information de ces derniers vis-à-vis de notre matériau. « Nous avons interrogé 364 personnes qui travaillent dans l’immobilier ou qui se préparent à y faire carrière : professionnels en activité, professeurs, diplômés et étudiants, explique Inès Trojette, enseignant-chercheur à l’Espi. Nous leur avons posé 36 questions afin d’avoir l’idée la plus précise possible de leur perception du bois. Ces questions portaient sur sept sujets principaux que sont l’écologie, l’économie, la technique, la sécurité, l’esthétique, le confort et la santé. Je dois dire que les réponses à certaines questions m’ont surprise. Elles révèlent beaucoup d’idées préconçues sur le bois, mais également sa très forte attractivité. »

Des résultats en demi-teinte

En effet, après l’analyse détaillée des résultats, cette enquête fait apparaître de nombreux facteurs d’attractivité en faveur du bois. Jugé moderne, élégant et solide, notre matériau fait également mouche grâce à son caractère renouvelable, à sa faible empreinte carbone ou à sa capacité à optimiser la durée d’un chantier. Enfin, plus le niveau d’études de la personne interrogée est élevé, plus le bois est considéré comme attractif. Mais tous ces arguments en faveur du bois n’empêchent pas les professionnels de l’immobilier de ressentir quelques inquiétudes quant à son emploi. Ainsi, la majorité des personnes interrogées pense que le coût de la construction bois est plus conséquent et que les coûts d’entretien sont plus importants. De la même façon, les insectes xylophages (termites) représentent selon eux une contrainte supplémentaire, et il est jugé plus dangereux que d’autres matériaux face au risque d’incendie ! Il est aussi et surtout pointé du doigt pour le manque de formation et de spécialistes du bois au sein des professionnels de l’immobilier, et pour une communication insuffisante quant à ses usages.

Un matériau d’avenir

Alors oui, le bois possède certains atouts pour séduire les pros de l’immobilier. Oui, la communication reste encore et toujours l’un des points faibles de notre filière. Oui, ces résultats sont tout de même encourageants, sachant que, malgré toutes les “inquiétudes” soulevées par les personnes interrogées, le bois est, depuis quelques années, de plus en plus utilisé pour construire des bâtiments dans l’Hexagone, notamment pour la réalisation de maisons individuelles*. Pour Romain Canler, délégué général de l’UICB : « L’enquête du groupe Espi montre que, chez de nombreux acteurs de l’immobilier, subsiste une importante sous-information et certains préjugés. Mais il y a du positif pour nous, industriels et constructeurs bois, car la plupart de ces acteurs reconnaissent les vertus prêtées au bois que sont l’élégance, la robustesse et la solidité. » Trois atouts autour desquels il faudra renforcer la communication, tout en veillant à informer davantage et à rassurer les professionnels de l’immobilier, et le grand public en général, sur toutes les inquiétudes soulevées par cette enquête qui montre que, si le bois avance, le chemin est encore long et semé d’embûches pour lever tous les obstacles à sa pleine utilisation.

*Pour rappel, la construction bois représente aujourd’hui
1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires, 28 000 emplois directs
dans la mise en œuvre, 25 000 emplois dans la fabrication
et plus de 2 500 entreprises.

Questions posées à 241 personnes qui s’intéressent à l’usage du bois dans la construction (source ESPI).

Adèle Cazier