La promotion immobilière va s’inscrire durablement dans le paysage de la filière bois

La promotion immobilière va s’inscrire durablement dans le paysage de la filière bois

Bouygues Bâtiment France Europe (BBFE) est à l’origine un acteur reconnu dans l’univers du béton. Comment l’idée de créer un programme spécialement dédié au matériau bois à travers la démarche WeWood vous est-elle venue après de nombreuses années de tout béton ?

L’usage du béton n’est pas spécifique au groupe Bouygues. Le béton était le matériau du XXe siècle et toutes les entreprises ayant plus de dix années d’existence sont nées dans ce siècle du béton. Depuis quelques années, nous nous sommes intéressés au matériau bois du fait de notre implication dans la construction bas carbone et d’un travail autour de l’énergie. Ces deux leviers nous ont naturellement amenés à nous tourner vers le bois à travers le programme européen WeWood.

Quand cette démarche a-t-elle vu le jour et en quoi consiste-t-elle ?

Si cette démarche a été lancée officiellement en 2020, ses prémices remontent à 2005 avec, dans un premier temps, la réalisation de projets de surélévations qui ont pu voir le jour grâce au savoir-faire de l’entreprise Brézillon. Ensuite, nous avons mené beaucoup d’expériences sur des opérations de construction hors-site 3D bois avec la construction d’un certain nombre de résidences étudiantes. Pour Bouygues Bâtiment, la démarche WeWood correspond à une transformation globale de l’entreprise. D’ailleurs, Linkcity en est aujourd’hui un acteur central puisque WeWood est inscrit dans notre politique RSE. En 2020, nous étions parmi les signataires du pacte Bois Biosourcé lancé à l’initiative de l’interprofession Fibois Ile-de-France. Cette année, nous ambitionnons de réaliser 20% de nos projets en bois avec un objectif de 50% de projets bois à l’horizon 2030. De plus, nous nous impliquons auprès des différentes interprofessions Fibois en régions pour dupliquer l’initiative francilienne sur d’autres territoires.

Est-ce que l’arrivée de grands promoteurs tels que Bouygues peut fragiliser les petites et moyennes entreprises de charpente et de constructeurs bois ?

Nous rencontrons souvent des professionnels de la filière lors de salons ou de forums professionnels et on a le sentiment que le fait de soutenir le matériau bois et donc la filière génère des retombées positives. La filière bois a besoin de visibilité sur le long terme. En agissant en faveur du bois, nous offrons à l’ensemble de la filière bois construction une certaine visibilité qui lui permet d’investir, de se projeter. Nous occupons une position complémentaire avec d’autres acteurs de toutes tailles sachant qu’aujourd’hui, il y a encore trop peu d’experts du tout corps d’état au sein de la filière capables de traiter les interfaces entre les différents lots. Le fait d’être ensemblier nous permet d’apporter cette compétence complémentaire dans l’écosystème de la filière.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’accord-cadre récemment signé avec l’entreprise Piveteaubois pour sécuriser vos approvisionnements ? En dehors de Piveteaubois, où vous fournissez-vous ?

Cet accord-cadre signé il y a quelques mois prévoit la fourniture de 25 000 m2 de CLT par an pendant deux ans, soit un total de 50 000 m2 jusqu’en 2023. Cela nous permet d’assurer, à l’échelle de BBFE, un approvisionnement à hauteur de 30% de bois français pour nos opérations. Cet accord va dans le bon sens car les scieries françaises veulent de
la visibilité concernant leurs volumes et leurs carnets de commandes, tandis que, de notre côté, il nous assure des conditions d’approvisionnements et de prix fixes pendant deux ans, et nous permet de disposer de bois français pour couvrir nos prochains projets en CLT. Outre cet accord cadre avec Piveteaubois, nous travaillons avec de nombreux autres fournisseurs pour l’ensemble de nos chantiers en CLT, poteau-poutre lamellé-collé, ossature bois à l’image de Char’m Ossature, Stora Enzo, Techniwood, Mathis, Eurolamelle, Cosylva ou T&H pour le hors-site 3D.

Propos recueillis par Adèle Cazier