De nouveaux services associés la montée en puissance de l’utilisation du numérique

De nouveaux services associés la montée en puissance de l’utilisation du numérique

Les solutions de click&collect, lancées pendant les confinements (lire ci-contre), sont amenées à se développer. En distinguant les réseaux structurés où la démarche est en route, et les petites structures de moins de 10 salariés. Souvent dirigées par des personnes de plus de 55 ans, ces dernières peinent encore à venir sur des supports digitaux. « Cela répond à une nouvelle attente des clients, qui sont de plus en plus connectés, lance Éric Rouet. Ils veulent avoir accès à la disponibilité des stocks et aux fiches produits, même si les plus âgés privilégient la relation humaine. Il nous faut introduire ce nouveau mix de services : conserver une proximité dans les agences, tout en répondant à l’attente d’efficacité. »  La menace des pure players, qui viennent titiller les négoces sur des familles de produits, est démythifiée. « Présentés comme des ogres numériques, ils ne dévoreront pas les commerces physiques », assure Jérôme Thfoin.

En projet chez Nebopan, l’interfaçage des sites web avec un ERP (Enterprise resource planning) pour avoir les stocks à l’instant T. « Pour l’instant, les clients passent la commande, qui arrive par courrier électronique, et que l’on ressaisit dans l’ERP. Mais le pourcentage de commandes sur le site est conséquent. Le métier du bâtiment change. Nous devons donc réfléchir à un vrai site marchand, avec la possibilité d’acheter en direct, avec un historique de commandes. » Un projet lourd, « pour les cinq ans qui viennent », nécessitant la refonte (en cours) de tous les sites. Le cahier des charges a été établi et un prestataire est en cours de sélection. Le jeu en vaut la chandelle. « C’est une source de développement ! Cela évite de mettre des commerciaux supplémentaires… Et il n’y a pas de négociation sur les prix. » La diversification dans l’e-commerce ne s’improvise pas. « Cela suppose d’avoir en amont une base de données pour présenter les produits de façon claire, précise et attractive, avec des photos. Ces données sont le carburant qui nourrit le digital », rappelle Yves Martin-Delahaye. « La digitalisation commerciale induit beaucoup d’intervenants, notamment des éditeurs de progiciels qu’il faut lier au concepteur du site, insiste François Laresche. Cela demande une mise à niveau pour les matériels, les supports logiciels et les personnels, et un investissement fort dans le suivi des fichiers produits, des éléments dont tous les négoces ne disposent pas forcément. » Ces ressources, indispensables, sont longues à acquérir, d’autant plus que les demandes sont de plus en plus complexes à gérer techniquement, entre SMS, email, appels téléphoniques, saisies via internet… Il faut aussi s’adapter aux habitudes de bon nombre d’artisans, « qui préfèrent prendre en photo un devis avec leur smartphone et l’envoyer par MMS, plutôt que d’utiliser l’application. Dans les entreprises artisanales, on compte beaucoup de travailleurs d’Europe de l’Est, qui ne maîtrisent pas forcément tous les outils. S’ajoute la barrière de la langue ».

Gedibois n’a qu’un site de présentation des adhérents. Un site e-commerce est en cours de développement. La feuille de route pour 2021 : le travail sur une base de données commune, servant de socle à un système d’information unique pour tous les adhérents. L’objectif est « de s’affranchir des contraintes d’entreprises indépendantes séparées, pour travailler comme un groupe : achats groupés, échanges, consultations croisées de stocks, échanges de données informatisés ». Le déploiement se fera sur cinq ou six ans, avec deux premiers pilotes en 2021. « Pour certains adhérents, cette transition est perturbante. Il faut donc prévoir beaucoup de temps de préparation, choisir le bon moment, prendre en compte les systèmes qu’ils exploitent pour planifier leurs besoins », illustre le dirigeant.

Tanguy Matériaux veut améliorer la recherche de produits dans ses nomenclatures. « On a 50 000 produits en ligne, et nos habitudes d’appellations ne sont pas toujours celles des professionnels », constate Roland Tanguy. VM refond sa base de données articles venant de ses fournisseurs, pour permettre aux clients de trouver l’essentiel : « L’offre disponible actualisée, l’information produit, où il peut le trouver, les capacités de variantes ou pas, la tarification client avec ses remises, une zone dédiée aux factures, et même le bilan carbone pour les grands comptes », s’enthousiasme Éric Rouet. Cette base va être déversée dans l’ERP.