Bouygues Bâtiment en quête de bois français

Bouygues Bâtiment en quête de bois français

Développer l’utilisation du bois français dans les constructions de demain ? Tel est l’objectif affiché par Bouygues Bâtiment France Europe qui s’engage à utiliser 50 % de bois issu de nos massifs dans ses différents projets à l’horizon de 2025. Ce pari ambitieux s’est concrétisé le 6 mai dernier à l’occasion de la signature de deux accords de partenariats avec les institutions et les professionnels de la filière.

Depuis plusieurs mois, le bois est au centre de toutes les attentions. Il y a quelques semaines, l’annonce de l’entrée en vigueur de la RE 2020 a remis en lumière les potentialités offertes par notre matériau en termes de décarbonation du secteur du bâtiment. Et la course à la neutralité carbone ne fait que commencer. Parmi les premiers sur la ligne de départ, le major Bouygues Bâtiment France Europe fait aujourd’hui les yeux doux à la filière bois après des années de tout béton ! Après le lancement en 2020 de sa démarche WeWood visant à accélérer l’émergence de projets bois, Bouygues franchit une étape supplémentaire en signant un accord inédit avec la Fédération nationale du bois (FNB) et le label Bois de France. Conclu le 6 mai dernier sous l’égide des ministères de l’Agriculture et du Logement, il ambitionne de « soutenir le développement de la filière et des usages du bois français à court et moyen termes ». Ainsi, le géant de la construction s’engage à mettre en œuvre 30 % de structures labellisées Bois de France dans ses projets dès 2021, avec l’objectif de porter cette part à 50% d’ici à 2025. « Construire autrement et réduire l’empreinte carbone de nos opérations sont deux priorités pour Bouygues Bâtiment France Europe, explique Nicolas Borit, directeur général délégué Bouygues Construction. La construction bois et biosourcée répond à ces deux enjeux. L’engagement que nous prenons auprès de la FNB concrétise notre volonté d’accompagner le développement de la filière bois française en s’inscrivant dans une approche durable avec nos partenaires. »

Un tournant déterminant

Pour concrétiser le volet opérationnel de cette démarche pro-bois français, Bouygues Bâtiment a également ratifié un contrat cadre d’une durée de deux ans et demi avec l’entreprise Piveteaubois ; le constructeur vendéen devient ainsi le fournisseur privilégié de panneaux CLT made in France pour l’ensemble des opérations effectuées par Bouygues Bâtiment dans l’Hexagone et dans toute l’Europe. à ce titre, Piveteaubois s’engage à fournir à Bouygues Bâtiment 25 000 m2 de CLT « avec des délais et conditions logistiques préférentiels, et une utilisation minimum de 80 % de bois labellisé Bois de France ». Le tout, en encourageant l’innovation à travers des développements d’ingénierie et de R&D collaboratifs entre les deux partenaires. « Nous sommes fiers de signer ce partenariat qui marque un tournant déterminant pour le bois dans la construction, déclare Jean Piveteau, président de Piveteaubois. Depuis quelques années, nous avons investi massivement et continuons de le faire, dans l’optimisation de la matière première grâce aux rayons X, une scierie très performante, ainsi qu’une usine de CLT unique en France [et] nous pouvons ainsi répondre dès aujourd’hui aux besoins d’ingénierie bois dans la construction » ! Un beau défi à relever pour Bouygues Bâtiment et l’entreprise Piveteaubois afin de faire rayonner le CLT français à travers toute l’Europe.

Nicolas Douzain Didier, délégué général de la Fédération nationale du bois, témoigne

« La Fédération nationale du bois est particulièrement fière d’aboutir à un partenariat avec Bouygues Bâtiment France Europe dans le cadre de la démarche Bois de France. Nous avons la chance de contribuer à une mutation historique vers un mode de construction innovant et ambitieux. Ce partenariat nous confère aussi une responsabilité car il ne s’agit pas d’une expérimentation mais d’un programme grandeur nature. Il a d’autant plus de chance de réussir qu’il est porté par une réelle ambition du gouvernement à travers la RE2020 qui répond à une forte attente citoyenne et qui contribue à la relocalisation industrielle promue par le plan de relance. »

Adèle Cazier