Les poussières de bois passées au crible

Les poussières de bois passées au crible

Début septembre, l’Institut technologique FCBA publiait les résultats d’une nouvelle étude sur les poussières de bois. Financée par le Codifab et réalisée en collaboration avec l’INRS, elle compare l’émissivité de plusieurs scies circulaires électroportatives fréquemment utilisées, afin de guider les professionnels du bois et de l’ameublement dans le choix d’un modèle. Décryptage.

Adèle Cazier

Hautement toxiques, les poussières de bois sont susceptibles de provoquer des maladies à court et long termes, et représentent encore l’une des trois principales causes de cancers d’origine professionnelle. Si, dans les ateliers, la plupart des machines fixes sont aujourd’hui équipées d’un système de captage des poussières à la source, c’est plus rarement le cas pour les machines électroportatives, dont certaines dépassent encore la valeur limite d’exposition imposée par la réglementation française (voir encadré). Dans ce contexte, l’INRS et FCBA ont allié leurs compétences pour réaliser une nouvelle étude sur l’émissivité des scies circulaires électroportatives. Après des premiers essais réalisés en 2014 et 2015 par l’INRS qui avaient permis de développer une méthodologie de mesurage des poussières émises.

Vers des équipements plus vertueux

Pour atteindre ces objectifs, les deux partenaires ont entamé leur collaboration dès 2016. Après la sélection de neuf modèles de scies circulaires couramment utilisées sur la base d’une enquête réalisée auprès des professionnels du secteur du bois et de l’ameublement, les essais à proprement parlé ont démarré en 2017 selon la méthode précédemment développée par l’INRS. À l’issue des tests, des comparaisons entre les différents modèles testés ont permis de réaliser un classement des machines en fonction de leur émissivité relative. Quatre classes d’émissivité, allant de A pour la meilleure à D pour la moins bonne, ont été définies sur la base de la machine la plus vertueuse (émission relative). Suite à ces travaux, les premiers résultats ont été publiés de façon anonyme afin d’inciter les fabricants de machines électroportatives à prendre ces questions en considération. Des rencontres avec les professionnels concernés sont d’ail[1]leurs prévues pour leur faire part des conclusions de l’étude et, pourquoi pas, songer à la mise en place d’un signe de qualité, pour des ateliers où le bois ne mordra plus la poussière. À suivre…

Ce que dit la loi

La valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) aux poussières de bois, pendant une période de 8 heures consécutives, est de 1 mg/m3 d’air. En cas de dépassement de VLEP, il est nécessaire de modifier les installations et de procéder à une nouvelle mesure. Si le dépassement est confirmé, les postes de travail doivent être arrêtés et des mesures de prévention mises en place.