L’emballage bois joue la carte des essences françaises

L’emballage bois joue la carte des essences françaises

Après cinq années d’attente, une nouvelle enquête sur le marché de l’emballage bois vient de paraître. Réalisée par le cabinet Gallileo auprès de 350 entreprises de la filière pour les membres du Pôle emballage bois (Siel, FNB-Sypal et Seila), elle met en lumière le dynamisme du secteur, qui fédère 861 entreprises et 17 400 emplois directs. « En 2019, nous avons réalisé un chiffre d’affaires global de 1,5 milliard d’euros [soit une progression de 2,6% par an en moyenne depuis 2015, NDLR]. Ce qui atteste du poids de plus en plus important qu’occupe le secteur de l’emballage au sein de la filière sachant par exemple que le secteur de la construction bois représente un C.A. de 1,9 milliard d’euros », indique Jean-Philippe Gaussorgues, président de la commission Palettes FNB-Sypal.

La palette, reine du marché

Leader du secteur, la palette représente à elle seule environ 12 000 emplois et 645 entreprises de fabrication et de reconditionnement, pour un chiffre d’affaires de 842 millions d’euros et un total de 128,5 millions de palettes commercialisées dans l’Hexagone en 2019. Du côté des palettes neuves (50 millions d’unités vendues en 2019), plusieurs tendances se dessinent, dont une augmentation des opérations de séchage et de traitement (+ 8%), une relative stabilité des importations (en provenance notamment de Belgique et d’Europe de l’Est) avec 3,5 millions d’unités importées, et une proximité entre les lieux de fabrication et de commercialisation, sachant que 87% des palettes neuves sont vendues à moins de 300 km des usines de production. Enfin, ces palettes sont principalement destinées à l’industrie manufacturière pour les secteurs de l’agroalimentaire (26%), du BTP (17%) ou de la pétrochimie (13%). Du côté des palettes reconditionnées, près de 100 millions de palettes ont été collectées en France en 2019. 56% des palettes d’occasion sont revendues en l’état, principalement pour les secteurs de l’agroalimentaire (29%), du BTP et du papier-carton (17%).

L’emballage industriel et la caisserie

En 2019, les 171 entreprises productrices d’emballages industriels ont réalisé un chiffre d’affaires de 413 millions d’euros, soit une progression annuelle de 2,1% depuis 2015. Avec un total de 3 400 emplois directs, le secteur est surtout constitué de petites entreprises. Cependant, 11% des acteurs les plus importants pèsent pour 73% du C.A. de l’activité. La présence de nombreux sites de production permet un maillage territorial efficient, sachant que 69% des livraisons sont effectuées à moins de 100 km (le lieu de livraison n’étant toutefois pas la destination finale de l’emballage, qui voyage ensuite souvent au-delà de nos frontières) pour des clients finaux appartenant à l’industrie lourde (41%), au secteur du transport (22%) ou de l’énergie (15%). Essentiellement réalisés en bois certifié PEFC, les emballages industriels s’inscrivent aujourd’hui dans une démarche de développement durable avec des produit plus légers, plus petits et plus adaptés aux produits à transporter.

Les emballages légers en pleine progression

Avec un chiffre d’affaires de 257 millions d’euros, 45 entreprises productrices et 2 000 emplois, l’emballage léger reste le Petit Poucet du secteur. Il enregistre cependant une belle progression avec une croissance annuelle de 3,5% de son C.A. depuis 2015. Ainsi, 1,1 milliard d’emballages légers ont été vendus en 2019, quasi exclusivement à destination du secteur agroalimentaire pour l’emballage des fruits et légumes, des fromages, ou pour l’ostréiculture. «Grâce aux différentes études réalisées sur l’aptitude du bois au contact alimentaire (Emabois, Embalim…), on connaît aujourd’hui les propriétés antimicrobiennes et hygro-régulatrices du bois », souligne Franck De Viviés, co-président du Siel. Ce qui présente de belles perspectives de développement dans ce secteur exigeant. Tout comme les palettes, les emballages légers sont commercialisés à proximité de leurs lieux de fabrication, avec 91% de clients français dont 54% à moins de 100 km.

Des approvisionnements locaux

Contrairement à d’autres branches de la filière qui privilégient les bois d’importation, le secteur de l’emballage joue la carte des approvisionnements locaux. En 2019, le secteur a consommé 1,79 million de m3 de sciages, 513 000 m3 de grumes (uniquement pour l’emballage léger) et 175 000 m3 de contreplaqué, d’OSB ou de dés en bois moulé. Dans le détail, c’est une fois de plus la palette qui domine le marché avec 1,5 million de m3 de sciages utilisés, dont 94% de résineux (pin, épicéa, douglas) et 6% de feuillus. 70% de ces sciages sont produits en France, tandis que 30% proviennent de l’importation. On note également l’apparition des dés en bois moulé produits en France avec 59 000 m3 consommés en 2019. Très friand de bois local, le secteur de l’emballage industriel et de la caisserie utilise 86% de bois français. Il consomme principalement des sciages (190 000 m3 ), ainsi qu’un peu de contreplaqué et d’OSB (51 000 m3 ). Gros consommateur de grumes (513 000 m3 ), le secteur de l’emballage léger utilise exclusivement du peuplier français. À cela s’ajoutent 191 000 m3 de bois brut, qui font eux aussi la part belle aux essences locales telles que le peuplier, le hêtre ou le pin. Un bel exemple d’utilisation et de valorisation des essences françaises, qui emballera à coup sûr les futurs consommateurs d’emballages.

Adèle Cazier