Fibre Premium vise le local

Fibre Premium vise le local

Créé en 2006 à l’initiative d’un collectif de scieurs vosgiens, le groupement Fibre Premium poursuit son développement en accueillant de nouveaux membres et se projette dans l’avenir en misant sur les investissements et les circuits courts.

Fibre Premium souffle cette année ses 15 bougies. Installé et reconnu sur tout le territoire français, le groupement vosgien, initialement connu sous le nom de Fibre Lorraine, a su tisser sa toile pour devenir l’un des leaders du sciage de résineux dans l’Hexagone.

« Notre groupement a été créé en 2006 à l’initiative de neuf scieurs vosgiens habitués à travailler ensemble auprès du label Sélection Vosges, explique Julien Perron, directeur commercial. Ces scieurs ont décidé de constituer une entité commerciale sous le nom de Fibre Lorraine afin d’œuvrer conjointement pour commercialiser les bois en provenance du massif vosgien. »

Depuis, le groupement n’a cessé de s’agrandir, d’investir des territoires et d’accueillir en son sein de nouveaux membres. Après les Vosges, les Alpes et le Massif central, le collectif est désormais présent depuis quelques mois dans les Pyrénées, suite à l’adhésion d’une nouvelle scierie installée à proximité de Carcassonne. «Avec cet arrivant, le groupement compte aujourd’hui 16 entreprises de sciage, réparties sur quatre massifs, et commercialise chaque année 135 000 m3 de bois via les négoces et les GSB, poursuit Julien Perron. Cette implantation en Occitanie nous permet d’étendre notre maillage territorial et de nous rapprocher de nos clients afin de réduire notre impact carbone. » Avec les circuits courts et la gestion

durable des forêts, la réduction de l’impact carbone est d’ail- leurs une priorité pour Fibre Premium, qui distribue des bois certifiés PEFC, labélisés Sélection Vosges et garantis Bois de France.

Manque de sciages

Pour aller plus loin, le collectif met également en place des actions concrètes pour assurer l’avenir des forêts françaises, à l’image du compteur de replantations, une initiative qui garantit 10 arbres replantés pour chaque camion de bois livré chez les clients du groupement. De quoi participer à la préservation et à la pérennité de la ressource dans un contexte de tension sur les matières premières. Après une année 2020 plutôt satisfaisante malgré la crise sanitaire [le groupement a fini à 0 sur un marché autour de -5 %, NDLR] et celle des scolytes, 2021 s’annonce plus tendue au niveau national : « Il va manquer un million de mètres cubes de bois, déclare Julien Perron. Tous les États nordiques ont fui notre marché alors que l’activité est très soutenue. Et il en va de même pour les fournisseurs allemands ou belges, qui se sont rabattus vers des pays plus rémunérateurs.» Résultat, les négoces et certains charpentiers sont à court de bois et seuls les clients historiques des scieries françaises parviennent à s’approvisionner convenablement malgré une augmentation des prix et des délais. Pour autant, pas de quoi entamer «l’optimisme» de Fibre Premium, qui poursuit son développement en dépit de ce contexte particulier.

Des projets tous azimuts

« On scie actuellement 135 000 m3 de bois et on dispose d’une capacité de sciage de 180000 à 200000 m3. On en a donc encore sous le pied. Le principal enjeu pour développer les scieries françaises et assurer leur avenir est de mettre en place des moyens humains, de trouver du personnel formé et, sur- tout, d’attirer les jeunes. »

Aujourd’hui, Fibre Premium aborde 2021 «sereinement» en dépit d’un marché instable et d’un manque de visibilité: «Chacune de nos scieries a un projet dans le tiroir. Récemment, l’entreprise Lemaire, dans les Vosges, a brûlé et a subi d’importants dégâts. Elle devrait redevenir totalement opérationnelle à la fin de l’année avec l’arrivée d’un nouvel outil de production 5.0 qui lui permettra de multiplier par quatre sa capacité de sciage. Au niveau du groupement, de nombreux investissements dans la première et la deuxième transformation du bois sont prévus d’ici deux à trois ans, et une dizaine de projets devraient se concrétiser avant la fin 2022. » De beaux programmes en perspective pour s’inscrire durablement dans le paysage du sciage français.

Adèle Cazier

 

Chiffres clés

  • 16 scieries : six dans les Vosges, trois dans le Massif central, six dans les Alpes et une dans les Pyrénées.
  • Commercialisation : 135 000 m3 de sciages par an.
    300 salariés.
  • 100 % de bois français certifié PEFC. 30 millions d’euros de CA.