PEFC révise ses standards

PEFC révise ses standards

Alors que la forêt française doit faire face à de nouveaux défis sur fond de changement climatique, la certification PEFC France entame la quatrième révision de ses standards. L’occasion de faire le point sur ses prochaines orientations avec son directeur exécutif, Paul-Emmanuel Huet. Interview.

Pourquoi procéder à une révision de vos standards de certification ?

Cette révision est dans notre ADN. Tous les standards nationaux doivent être revus tous les cinq ans afin, d’une part, de s’aligner sur les nouvelles exigences instaurées par PEFC International et, d’autre part, de se réinterroger sur l’évolution des enjeux économiques, environnementaux et sociétaux dans chacun des pays où la certification PEFC est présente.

Qui peut prendre part à cette révision ?

Toute personne ou entreprise intéressée par la gestion durable des forêts peut faire acte de candidature. L’annonce publique de cette révision a été mise en ligne il y a quelques jours et un formulaire de candidature est dis- ponible sur Internet à renvoyer avant le 28 mars. Une fois ces demandes examinées, les particuliers ou structures retenus feront partie d’un « forum », une instance qui sera en charge de mener à bien cette révision. Sachant que ce forum doit assurer une représentation équilibrée entre les différents groupes d’intérêts.

Comment s’organisera-t-elle ?

Les travaux de ce forum devraient commencer avec une réunion plénière dans le courant du mois de mai et s’achever au premier trimestre 2022 avec la publication de trois livrables portant sur les nouvelles règles de gestion forestière durable PEFC au cours de la période 2022-2027 pour la France métropolitaine, pour la Guyane et pour la récolte du liège.

Quelles seront les grandes thématiques abordées ?

C’est le forum qui décidera de ces enjeux et de la manière de les formuler en exigences PEFC, dans le respect des obligations internationales. Mais on peut déjà citer, par exemple, l’équilibre sylvo-cynégétique, l’adaptation des forêts au changement climatique ainsi que la sensibilité paysagère en lien avec la vision sociétale face à certaines pratiques sylvicoles.

Envisagez-vous d’introduire de nouvelles exigences ?

On peut mentionner la certification des arbres hors forêt, qui est désormais autorisée par PEFC International et dont le forum devra se saisir pour déterminer s’il y a un besoin pour PEFC de décliner les exigences associées sur le territoire français. On entend notamment par arbres hors forêt ceux qui sont situés en milieu urbain, les haies bocagères et l’agroforesterie.

Avec le changement climatique, les forêts françaises sont confrontées à de nouvelles problématiques entre le développement de maladies et le dépérissement de certaines essences. Comment vous positionnez-vous face à ces évolutions qui auront un impact durable sur nos massifs ?

Les scolytes et les maladies présentes dans nos montagnes, telles que la chalarose, sont au cœur de nos préoccupa- tions. En tant que système de certification, nous suivons de près les différentes études et actions menées en forêt publique et privée. À titre d’exemple, nous sommes par- tenaires du mouvement «Sauvons la forêt de Chantilly» qui est un terrain d’expérimentation pour trouver quelles seront les meilleures essences à replanter et les types de sylviculture les plus appropriés afin de leur assurer le plus bel avenir possible…

Adèle Cazier

Chiffres clés

PEFC International

  • Création en 1999.
    Présence dans 55 pays.
    320 000 millions d’hectares certifiés dans le monde. 750 000 propriétaires forestiers engagés.
    20 000 entreprises certifiées.

PEFC France

  • 8,2 millions d’hectares certifiés en France, dont 2,4 millions en Guyane.
    1/3 de la surface forestière métropolitaine certifiée. Plus de 73 700 propriétaires forestiers engagés. 100 % des forêts domaniales et 2/3 des forêts communales certifiées.